The Grudge, z1 Director’s cut

Visionné en VOST. L’image un brin délavée dénote un certain grain et refuse les couleurs chatoyantes : l’ambiance est morne, grise, à l’image de la saison (ça doit être l’automne au vu des nombreuses feuilles sur le sol). Les scènes d’intérieur sont très sombres. Les enceintes diffusent régulièrement des basses inquiétantes, la musique est discrète.
Il y a de nombreux bonus, pas encore visionnés (dont une quinzaine de scènes coupées).
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’après avoir visionné
Ring et
le Cercle, puis
Dark Water, on est en terrain connu. Il s’agit à nouveau d’une histoire de fantômes mus par une émotion puissante : ici, la rage, mêlée à la frustration, s’attache à un lieu (et non à une cassette) et se manifeste sous une forme féminine aux longs cheveux sombres et aux yeux morts. Donc pas de surprise. Pour le reste, on entre très vite dans le vif du sujet avec un suicide dans la 1e minute. Ensuite, les scènes présentes et passées s’enchaînent de manière plutôt lisible, avec nettement plus d’apparitions que dans les films suscités : des ombres qui prennent corps, des bruits de pas, des pleurs, des miaulements et des visages blêmes qui surgissent du néant. C’est filmé habilement mais sans génie : si la fameuse démarche saccadée du fantôme tueur est ici exploitée avec maestria, d’autres effets (notamment sonores) frisent le ridicule. On est à la fois très proche et très éloigné de
Ring : l’horreur se manifeste plus souvent, plus concrètement et, même si l’aspect malsain reste évident, le déroulement est trop classique et manque de subtilité pour emporter l’adhésion : par exemple, toute la séquence sur la fille qui téléphone, voit des choses sur son lieu de travail, s’enfuit, se réfugie chez elle mais n’est pas épargnée ; elle trouve comme seul refuge son lit (comme tout enfant le ferait) ; dommage que la suite ressemble à du
Freddy... La fin n’est pas une réussite du genre.
Toutefois, c’est plus brutal que d’autres productions équivalentes, les séquences horrifiques sont légion et raviront les amateurs. En pleine nuit, dans une pièce calfeutrée, ça peut faire trembler.
_________________
